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Le blog de l'homme qui a vu l'homme qui a vu l'ours

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#Posté le mardi 19 mai 2009 23:43

Modifié le jeudi 21 mai 2009 14:49

Hommage à ces hommes qui ont su flirter avec Euterpe

Musique, maestro!
À Beethoven, Haydn, Debussy et Satie : mes plus fidèles compagnons nocturnes

Exquise symphonie, apologique ch½ur
Pour l'oreille si doux, pour l'½il, si coloré!
Synesthésie fugace, amour point timoré
D'un son magnifique fleurissant le bon c½ur.

Éphémère sonate, habile contredanse
De l'ardeur un arôme, espiègle cadence!
Allegretto, presto! Vigueur incomparée
Amuse l'esprit fin, les souffrances écartées.

Harmonie rembourrée, en ton sein je me vautre,
Sempiternel confort, de tout bonheur la somme
Toujours inégalée, je suis fidèle apôtre!

Mon aise m'abrutit, tu ensorcelles l'homme
Insensée musique! Belle célérité,
Dans torpeur m'a plongé, folle velléité!

— Vincent
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#Posté le lundi 18 mai 2009 22:28

Modifié le mardi 19 mai 2009 16:20

Poème sur l'homme, partie deux!

Similaire, aussi accusateur que le premier, je vous présente mon second poème. Le malheureux qui engendre le malheur... Conséquences des actions d'un homme (l'homme riche) pour qui l'argent n'est plus un accessoire, mais une fin en soi, même si elle apporte détresse et horreur, dans sa vie comme dans celle des autres.

L'homme pauvre

Vautré sous le zéphyr, caressé par la brise,
L'homme pauvre sanglote, égaré par sa crise.
La douceur de sa vie, hymne hurlant ses nuits,
À jamais disparue, laissant traîner ennui.

Nature, réchauffe-le. Seul au centre des nues,
L'homme pauvre gémit, sans y voir d'avenues.
Trahi par son amour, par civilisation,
Négligé par chacun, sans mobilisations.

Hé Nature, entends-tu? Ton faible souffle fuit.
Biffée par âme folle, ton ½uvre est décharnée.
Hé Nature, entends-tu? Le coupable s'enfuit!

Manant alors conçoit, rage désespérée :
L'air des arbres abrégés, de la Terre saignée,
Seront pour ses enfants l'héritage légué.


— Vincent
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#Posté le dimanche 17 mai 2009 14:52

Modifié le dimanche 17 mai 2009 15:26

Poème que j'affectionne particulièrement

Sonnet en alexandrins respectant la césure, rimes riches et vocabulaire intéressant. Ma plus grande réussite pour le moment!

L'homme riche

Frappé par le mistral, obnubilé par vents,
L'homme riche souffre, perdu sans paravents.
Son tourment le brûle, rapiéçant ses peurs
Démantelant son c½ur, renversant la vapeur.

Âme esseulée de tous, âme jamais en paix,
L'homme riche gémit, dans boissons se repaît.
Lassitude éternelle, écarte les manants
De gênés gueux ils sont, quel dégoût permanent!

Toujours désemparé, l'homme poursuit sa route,
Les vents sont trop puissants, apportent la déroute.
Malgré tout continue! Conscience tuée,

Désespoir et délits, les veux perpétués.
Pauvre fou cynique! Préférant être tique,
Suçant l'or noir d'autrui, détrousseur pathétique.


— Vincent
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#Posté le vendredi 15 mai 2009 21:11

La lucidité du poète

Chacun sa chimère

Sous un grand ciel gris, dans une grande plaine poudreuse, sans chemins, sans gazon, sans un chardon, sans une ortie, je rencontrai plusieurs hommes qui marchaient courbés.

Chacun d'eux portait sur son dos une énorme Chimère, aussi lourde qu'un sac de farine ou de charbon, ou le fourniment d'un fantassin romain.

Mais la monstrueuse bête n'était pas un poids inerte; au contraire, elle enveloppait et opprimait l'homme de ses muscles élastiques et puissants; elle s'agrafait avec ses deux vastes griffes à la poitrine de sa monture et sa tête fabuleuse surmontait le front de l'homme, comme un de ces casques horribles par lesquels les anciens guerriers espéraient ajouter à la terreur de l'ennemi.

Je questionnai l'un de ces hommes, et je lui demandai où ils allaient ainsi. Il me répondit qu'il n'en savait rien, ni lui, ni les autres; mais qu'évidemment ils allaient quelque part, puisqu'ils étaient poussés par un invincible besoin de marcher.

Chose curieuse à noter : aucun de ces voyageurs n'avait l'air irrité contre la bête féroce suspendue à son cou et collée à son dos; on eût dit qu'il la considérait comme faisant partie de lui-même. Tous ces visages fatigués et sérieux ne témoignaient d'aucun désespoir; sous la coupole spleenétique' du ciel, les pieds plongés dans la poussière d'un sol aussi désolé que ce ciel, ils cheminaient avec la physionomie résignée de ceux qui sont condamnés à espérer toujours.

Et le cortège passa à côté de moi et s'enfonça dans l'atmosphère de l'horizon, à l'endroit où la surface arrondie de la planète se dérobe à la curiosité du regard humain.

Et pendant quelques instants je m'obstinai à vouloir comprendre ce mystère; mais bientôt l'irrésistible Indifférence s'abattit sur moi, et j'en fus plus lourdement accablé qu'ils ne l'étaient eux-mêmes par leurs écrasantes Chimères.

— Charles Baudelaire
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#Posté le jeudi 14 mai 2009 10:56

Autre poème

Différent des autres... je reste quand même attaché à l'alexandrin! Pour ceux pour qui c'est flou, la phrase en bas en italique veut dire qu'il y a un sens caché dans ce poème...

Langoureux Bonheur

Mon bonheur, tel un grand soleil exorbitant,
Malheur diverge par sa blanche lumière,
Semble émaner un aura doux, un brin amer,
Tel un amoureux éperdu sur un chaland.

Je ne peux m'empêcher d'arborer un sourire,
Ne peux m'empêcher d'écarter les satires, et
Peux, dérangé, danser comme un fou ébranlé
Le tango d'un bonheur éternel sans soupirs.

Soutenir des thèses utopiques et imbéciles
Je désire rêver à jamais... trop facile!
Ne pas écouter cet homme cynique qui
Désire seulement voir mon bonheur sali.

Bien des gens voient d'un regard fort jaloux et terne,
Que je me complais bien d'un drapeau en berne;
De vivre plutôt que de me battre à jamais.
Mourir pour un pays qui me plaît, quelle plaie!

Vite! Le grand Amour viendra me bouger vers
L'espoir d'un monde infiniment beau et clair qui
A écrit l'épitaphe d'un monde transi,
Abandonné par la race qui en est père.

Mon c½ur gardera de toi de grands souvenirs,
Âme chaleureuse emplie de haute noblesse
Éternellement vouée à voir toujours pire
Torturée par ces hommes trop pittoresques

De leur époque maudite, tant chapautée
Par le pécule, une imbécile primauté.
La beauté va pourtant diriger la nouvelle
Vie que je décide bien de mener : rebelle!


Et pourtant, il me semble que sous toute cette beauté, tout ce bonheur, se cache une indicible vérité...


— Vincent

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#Posté le mercredi 13 mai 2009 08:17

La dette contractée.

Damnée Mascarade
À Daniel Massé: poète et compagnon de vie.

En mon for s'installe une douce pâmoison,
De savoir qu'un poète si beau et si bon,
Daigne bien, avec l'aide de mots somptueux,
Inspirer ce pauvre homme, guère qu'un gueux.

Mais, hélas! Cet éminent honneur coûte cher!
Il veut de ma prochaine idée que j'en sois père!
Mais l'inspiration m'a depuis longtemps quittée,
Traître à mon âme torturée, désemparée.

Me voilà donc, subissant ce damné supplice.
Bonheur, soit maudit! Tu m'as fait entrer en lice
Contre page blanche, trop forte pour ma plume.

Jamais il ne recevra son dû, je l'assume,
Car aucun homme sensé ne pourrait oser
Croire son idée digne de ce cher Massé.

— Vincent
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#Posté le dimanche 10 mai 2009 18:26

Modifié le lundi 11 mai 2009 06:04

Une autre de mes créations nocturnes

Le soir est décidément un moment privilégié de création, il faut bien trouver un côté positif à toute cette insomnie. Remerciement spécial à Daniel qui m'a donné l'idée de base sur laquelle j'ai bâti mon sonnet. Merci d'avoir été ma muse!

Le Vampire


Ainsi me parles-tu, cher ami décédé,
D'amours odieux et défuntes amitiés,
De ces rires déjà en terre et enterrés,
De ces souvenirs et moments désincarnés.

Ton regard me parle des occasions manquées
De joies, de rêves et d'espoirs à jamais détruits
Par un traître ami, confrère à jamais maudit,
Qui t'as promis, mais rien apporté. Désolé.

Car, dans ma prison d'éternelle liberté,
Pour toujours, Ô malheur! Impossible d'aimer
Les mortelles âmes ayant bien daignées me croiser.

Lourd d'un fardeau millénaire, je dois partir.
Console-toi! Car à jamais je garderai
Ce long baiser comme délectable souvenir.

— Vincent

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#Posté le vendredi 08 mai 2009 10:47

Un sonnet en alexandrins que j'ai écris lundi soir...

Je suis un artiste itinérant il semble... j'ai en ce moment une saturation pour ce qui est de dessiner. Je n'en suis plus capable, plus d'inspiration, plus de volonté. Cependant, quand j'ai eu à coucher des mots sur papier, c'est venu tout seul. Me voilà donc poète. Écrivain, j'écris, vain de toute autre forme d'expression potable.

Votre commentaire sur l'appréciation de mon poème est le bienvenu...

Hier

Et Hier tombe, victime d'un nouveau soleil
Provoquant chez cet homme un douloureux éveil,
Encore une fois, hélas! Subir la clarté
Puis dire adieu aux heures si vite passées.

Hier s'évade, telle une nymphe argentée.
N'ayant pu savourer qu'un instant décharné
Ses lèvres nacrées, le doux vert de ses yeux purs,
Le poète sombre dans des songes et temps durs.

Car déjà, je sens les souvenirs s'évader
Tel un filet d'eau entre mes doigts effilés
Glissant dans le néant des moments suicidés.

Mais où êtes-vous, instants de bonheur passés?
Ces soleils n'apportent que trop de lumière
Sur un présent déformé par tant de misères.


— Vincent
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#Posté le mercredi 06 mai 2009 08:01

La beauté d'un sonnet du prince des poètes...

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime
Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.

Car elle me comprend, et mon c½ur, transparent
Pour elle seule, hélas ! Cesse d'être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

Est-elle brune, blonde ou rousse ? - Je l'ignore.
Son nom ? Je me souviens qu'il est doux et sonore
Comme ceux des aimés que la Vie exila.

Son regard est pareil au regard des statues,
Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L'inflexion des voix chères qui se sont tues.



— Paul Verlaine
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#Posté le samedi 02 mai 2009 15:40

Modifié le lundi 04 mai 2009 09:56

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